Préparation mentale


Introduction

« Ce n’est pas parce que le mental ne se voit pas qu’il ne se prépare pas ». 

 

La préparation mentale s’écrit avec 2 mots

  • Le mot « préparation » signifie que c’est une pratique et qu’elle a lieu avant une épreuve sportive, voire en début de saison. C’est un entrainement au même titre que la préparation physique ou l’entrainement technique.
  • Le mot « mentale » renvoie au psychisme. Cette notion peut induire des pièges comme le fait de croire qu’il faut réfléchir en permanence.

Paradoxalement, avoir un bon « mental », c’est être capable de s’en passer. 



L’émotion au cœur du mouvement

Les structures archaïques du cerveau dictent au sportif des réactions qui échappent à sa volonté. Exemple : la peur de mal faire, de rater un podium, que le cheval soit dans un mauvais jour, etc... La peur est un phénomène logique mais qui peut « polluer » démesurément une performance sportive. Il peut exister d’autres émotions qui interfèrent dans la performance : la colère, le sentiment d’injustice, la jalousie, la honte, la tristesse, etc... La préparation psychologique permet d’empêcher les émotions d’influencer négativement les performances à accomplir. Le cheval représente le plus fabuleux partenaire-miroir de nos émotions, dans la mesure où il ressent et réagit à ce que dégage le cavalier consciemment et inconsciemment. C’est tout l’enjeu d’une vraie préparation.   

 

La programmation de la réussite

Elle peut prendre plusieurs formes :

  • La visualisation : En utilisant différents procédés, voir « intérieurement » la réussite d’une technique, d’un enchaînement, ou le déroulement d’une compétition permet de sélectionner judicieusement les comportements efficaces pour l’entrainement ou la compétition à venir. Exemple : visualiser la réussite d’un franchissement d’obstacle prédispose à son exécution ultérieure, corriger mentalement une erreur permet de l’éviter plus facilement la fois suivante. Le cavalier de haut niveau sollicite moins de ressources au profit des automatismes. Il peut alors consacrer son énergie aux détails pertinents fluctuants.
  • La sélection d’automatismes : D’autres procédés permettent de choisir plus rapidement des réponses motrices  en évitant des circuits de réflexion. Exemple : installer un signal rapide et pertinent qui déclenche une concentration parfaite.
  • La motivation : Etablir clairement ce qui incite le cavalier à progresser, à réussir et à gagner est une démarche qui se construit. Exemple : la construction d’objectifs en harmonie avec les capacités du cavalier permet de viser plus haut si les aspirations coïncident.

 

L’estime de soi

Une bonne estime de soi, ce n’est pas simplement avoir un jugement positif de soi, c’est aussi être conscient de sa propre subjectivité. Derrière ce concept, c’est se connaitre, c’est avoir du recul sur ses propres perceptions, ses sentiments, ses émotions. S’accepter tel que l’on est, ce n’est pas être résigné. Dépasser le déni, c’est dépasser ses blocages, c’est ouvrir les barrières de l’exploit. Exemple : une étude a montré qu’une très grande majorité d’athlètes de haut niveau, à l’origine, visait plus l’excellence d’un défi que la médaille. 

 

Le bon état de tension

Il peut revêtir plusieurs formes : 

  • L’échauffement : Il est possible de rendre plus efficace un échauffement en le complétant par des techniques d’amélioration du schéma corporel.
  • « L’état de grâce »  ou « le flow » : Le cavalier, en se préparant dans son « sas » précompétitif se place dans les conditions optimales de réalisation. Le chemin de préparation de pleine conscience est une technique largement répandue (à différencier des gestes ou des pensées magiques !). Exemple : beaucoup d’athlètes relatent un exploit, un record, une victoire en l’associant à un état proche d’une sorte de transe sportive où le temps subit une distorsion : tout se déroule comme dans un rêve, de façon idéale, clairement voire lentement, tout est fluide et tout réussit. Certains se voient même de l’extérieur, comme s’ils étaient extérieurs à leur corps. Et pourtant, tout se déroule à une vitesse inouïe. C'est cet état de grâce qui est recherché.
  • La tonicité : Mélanger deux états n’est pas toujours facile : être justement tonique et en même temps ne pas être crispé est fondamental en compétition ou à l’entrainement. Des techniques de relâchement dans « la tonicité » permettent d’atteindre la fluidité. Exemple : les efforts de concentration sont souvent synonymes de blocage respiratoire et d’hypertonicité posturale. Un travail judicieux de respiration permet de réguler automatiquement le tonus en fonction des situations.
  • L’approche positive : C’est être capable selon les besoins de chacun(e) de faire le vide, d’évacuer d’éventuelles pensées négatives et de se placer dans les meilleures dispositions. Exemple : on peut quitter le manège en ruminant que l’on a raté telle phase et que l’on a été mauvais, mais on peut également quitter le même manège en pensant à ce que l’on fera la prochaine fois pour éviter cela.

 

La cohésion du groupe

On retrouve les mêmes bienfaits de la préparation mentale au niveau de la cohésion d’un groupe. Toutes les techniques se pratiquent collectivement avec l’adhésion du groupe sur un temps plus ou moins long selon les besoins.

Exemple : même si une équipe d’équitation est une somme d’individualités, la volonté de réussir pour l’équipe transcende souvent les cavaliers. La relation est une nourriture pour tout être humain. Comme toute nourriture, elle peut avoir des gouts différents qui influenceront les actes, et en particulier la performance d’un cavalier.

 

Conclusion

Les aspects psychologiques de la performance sont omniprésents dans toutes les phases de l’acte sportif, que ce soit à l’entrainement ou en compétition. Leur prise en compte est l’une des caractéristiques du sport de haut niveau.

 

Pour aller plus loin

Site de l'Institut Français du Cheval et de l'Equitation (IFCE) : "La dimension affective en équitation".